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La prostate est une petite glande qui fait partie du système reproducteur de l’homme. Elle est située devant le rectum, sous la vessie, et entoure l’urêtre, le canal qui permet à l’urine de s’écouler. De la taille d’une châtaigne, la fonction principale de la prostate est de produire une partie du liquide séminal, fluide qui compose le  sperme.

Anatomie de la Prostate
La prostate est une glande sexuelle:
  • située en profondeur dans votre bassin, sous la vessie et devant le rectum
  • formée de 2 principaux lobes qui entourent l’urètre, canal qui relie votre vessie au pénis et qui transporte l’urine et le sperme
  • de la taille d’une noix de Grenoble mais qui prend du volume fin quarantaine
  • de texture lisse et caoutchouteuse au toucher
La prostate est constituée de cellules:
  • glandulaires qui sécrètent les liquides pour l’éjaculation
  • musculaires qui participent à l’évacuation de votre sperme au cours de l’éjaculation
  • fibreuses qui maintiennent la structure de votre glande
Autour de la prostate, on retrouve:
  • les vésicules séminales, glandes qui produisent votre sperme et qui sont situées de chaque côté de votre prostate
  • le canal déférent, tube qui transporte vos spermatozoïdes du testicule aux vésicules séminales
  • les faisceaux nerveux qui contrôlent votre vessie et votre fonction érectile et qui sont situés de chaque côté de votre prostate
Poids normal de la prostate

A l’âge adulte, une prostate normale pèse environ 20 à 25 grammes pour des dimensions d’environ 4cm de largeur, 3cm de hauteur et 2cm d’épaisseur.

Taille de la prostate

La taille de la prostate reste stable jusqu’à la moitié de sa vie (environ 40 ans). La taille de cet organe peut être caractérisée simplement par des mots comme « petite », « moyenne » ou encore « grosse ». Cependant les urologues utilisent le volume plutôt que le poids pour la caractériser. En effet cette donnée peut être mesurée par échographie. En forme de châtaigne, sa dimension normale est d’environ 3cm de hauteur et 4 cm de large.

Le volume normal de la prostate

Son volume moyen est de 20cm3 pour environ 20 grammes. Ces données sont variables d’un individu à l’autre.

Une prostate dite « petite » a un volume compris entre 30 et 40ml et un poids compris entre 20 et 70g. Une prostate moyenne se situera entre 40 et 80ml pour un poids entre 20 et 125g. Enfin, une grande aura un volume entre 40 et 100ml et un poids entre 40 et 125g.

A l’age de 50 ans, environ la moitié des hommes présentent des symptômes urinaires liés à une augmentation du volume prostatique. Il s’agit le plus souvent d’affections bénignes pour lesquelles un traitement n’est pas toujours indispensable.
Les maladies prostatiques les plus fréquentes sont:

  • La prostatite, une infection de la prostate:

C’est une inflammation de la prostate souvent consécutive à une  IST (Infection sexuellement transmissible). Elle peut être aiguë ou plus rarement chronique. La prostatite aiguë correspond à une infection urinaire chez l’homme”, explique l’urologue. Souvent bactérienne, elle provoque des symptômes de type : fièvre, douleurs abdominales et douleurs à la miction. 

La prostatite chronique est plus rare et provoque généralement des douleurs périnéales chronique et souvent des brûlures mictionnelles. 

  • L’adénome de la prostate, également appelé hypertrophie bénigne de la prostate ; c’est une inflammation de la prostate (grossissement anormal):

L’adénome de la prostate ou hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est une augmentation anormale du volume de la prostate. Cette maladie est bénigne, elle est souvent diagnostiquée au moment où elle entraîne des symptômes urinaires tels que le besoin fréquent d’uriner, des fuites urinaires ou des troubles sexuels. C’est le gonflement de la prostate, appelé adénome qui va venir compresser l’urètre et provoquer les symptômes. Sur les 2 millions de consultations précédemment évoquées, la moitié entraînera un traitement médical d’Hypertrophie Bénigne de la Prostate. En moyenne, un homme sur 10 nécessitera un traitement chirurgical de son HBP. L’incidence de la maladie augmente avec l’âge : l’HBP se présente chez plus de 80% des hommes de plus de 80 ans. Mais les modifications entraînées par le phénomène ne poseront pas de problèmes à tous les hommes. En l’absence de complication (rétention, infection, insuffisance rénale…), le traitement médical constitue la première approche. En seconde intention, une intervention permettra de rétablir une miction correcte.

  • La cancer de la prostate, une reproduction de cellules anormales et malignes:

Le cancer de la prostate est le 2ème cancer le plus fréquent chez l’homme. Un sur dix est ou sera concerné par le cancer de la prostate s’il vit jusqu’à 80 ans. La plupart du temps, ce cancer reste “dormant” et n’a pas d’impact sur la vie du patient. Dans les autres cas, pris en charge tôt, il se soigne bien mais occasionne parfois des effets secondaires gênants comme l’impuissance ou l’incontinence.

Quels sont les symptômes d’un trouble de la prostate ?

  • la fièvre associée à des frissons,
  • des symptômes urinaires tels que des brûlures lors de la miction,
  • des envies trop fréquentes d’uriner
  • des douleurs de la région pubienne, au niveau de l’urètre, du pénis, et parfois du rectum,
  • un malaise général
  • des douleurs musculaires
  • une prostate douloureuse lors du toucher rectal
  • à un stade avancé, des difficultés répétées à uriner
  • des troubles de l’érection

Les symptômes n’apparaissent que lorsque le cancer de la prostate est avancé, d’où l’importance d’un dépistage régulier.

Les pathologies de la prostate se traitent généralement bien, même si le cancer de la prostate peut, comme tous les cancers, être difficile à éradiquer et présente des risques de métastases. Le cancer de la prostate reste malheureusement la 4ème cause de mortalité par cancer (environ 10 000 décès par an en France). En général, cependant, ce sont des cancers qui évoluent lentement et qui peuvent être diagnostiqués tôt.

Examens de la prostate

Différents examens permettent d’observer la prostate : le toucher rectal, le dosage des PSA, l’échographie ou encore l’IRM. Le toucher rectal permet d’analyser l’aspect de la prostate et de détecter des anomalies. Le dosage des PSA se fait lors d’une suspicion de cancer : en effet, la concentration d’antigènes prostatique spécifique (PSA) est augmentée en cas de cancer de la prostate. “En cas de suspicion de cancer de la prostate et d’un dosage de PSA anormal, d’autres examens sont alors demandés, comme l’échographie ou l’IRM“, ajoute l’urologue.

Taux de PSA (antigène prostatique spécifique) dans le sang élevé ou bas

Taux normal

La valeur normale admise moyenne du taux de PSA dépend de la technique utilisée. Elle est de l’ordre de 4 ng/mL de sang. Le taux normal de PSA varie en fonction de l’âge du patient: il est de 2,5 ng/mL pour les hommes de moins de 50 ans, de 3, 5 ng/mL pour les hommes âgés de 50 à 60 ans et de 4, 5 ng/mL pour les hommes âgés de 60 à 70 ans.

ÂgeTaux normal
Hommes moins de 50 ans2.5 ng/ml
Hommes entre 50 et 60 ans3.5 ng/ml
Hommes entre 60 et 70 ans4.5 ng/ml
Taux élevé : dans quels cas le PSA peut-il augmenter ?

Le taux sanguin d’antigène prostatique spécifique peut augmenter dans les cas suivants :

 

Le dosage sanguin de l’antigène spécifique prostatique est utilisé pour le dépistage du cancer de la prostate, car il représente un marqueur tumoral. Son augmentation est parfois associée à des symptômes urinaires tels que des mictions impérieuses ou des infections urinaires. Il peut aussi être utilisé dans le cadre d’une surveillance du cancer de la prostate, suite à la mise en place d’un traitement.

Taux bas 

Un taux de PSA en dessous de la normale est rare et peu significatif sauf lorsqu’il s’agit de la fraction de PSA libre. En effet, un taux abaissé de PSA libre constitue un argument en faveur d’un possible cancer de la prostate et cela nécessite des examens complémentaires.

Traitement de la prostate

Le cancer de la prostate c’est la tumeur maligne la plus fréquente chez l’homme. L’adénocarcinome de la prostate ne se place cependant qu’au troisième rang des décès par cancer. En effet, son évolution est variable et grâce à un dépistage précoce et un traitement adéquat, cette maladie est aujourd’hui efficacement combattue.

Certains cancers de la prostate évoluent lentement alors que d’autres ont rapidement tendance à s’étendre. Le degré d’agressivité est ainsi très variable. La probabilité de contracter une telle maladie augmente avec l’âge. En fonction de l’état d’avancement du cancer, on distingue différentes options thérapeutiques.

En cas de cancer avancé, le traitement est hormonal ou radio-hormonal (combinant traitement hormonal et radiothérapie externe). Le traitement hormonal est associé à une chimiothérapie (traitement palliatif dans le cas de cancer avec métastases).

La médication hormonale ne fait pas “disparaître” l’adénocarcinome de la prostate et nécessite ainsi une surveillance régulière du patient.

Lorsque la tumeur est localisée au niveau de la prostate (stade T1 et T2), les traitements de référence actuels sont la chirurgie et la radiothérapie externe.

La prostatectomie radicale

Cette solution chirurgicale consiste à enlever toute la prostate, les vésicules séminales, les canaux déférents, une partie du col de la vessie et les ganglions avoisinants. Lorsque le cancer de la prostate est localisé, il s’agit du traitement de référence pour les patients jeunes. Cette ablation se fait lors d’une opération relativement lourde (3 à 4 heures) mais très bien maîtrisée. La mortalité postopératoire à trente jours est actuellement inférieure à 1 % chez les patients de moins de 75 ans en bon état de santé général. Sur le plan de l’efficacité, la survie à 10 ans est de 90 % environ. Cependant, ce traitement comporte des effets indésirables qui sont essentiellement l’impuissance et l’incontinence urinaire. Contrairement à ce que l’on croyait auparavant, ces deux complications peuvent s’atténuer jusqu’à deux ans après l’opération 1. Les patients doivent ainsi être encouragés et informés que l’amélioration de leur condition peut s’étendre sur des mois ou des années suivant l’opération.

La radiothérapie externe

La radiothérapie externe consiste à exposer la région prostatique à des irradiations. Ces rayons de très haute énergie créent des lésions dans l’ADN du noyau cellulaire. Face à cette agression, les cellules saines réagissent grâce à un système réparateur moins efficace chez les cellules cancéreuses. Ainsi, la radiothérapie entraîne préférentiellement la mort des cellules cancéreuses. Ce traitement ne nécessite pas d’anesthésie et est généralement délivré au cours de séances régulières sur plusieurs semaines.

En terme d’efficacité, la survie à 10 ans est de 70 %. Les complications peuvent être des inflammations (rectites qui est un processus inflammatoire de la muqueuse rectale), intestinales, urinaires, sexuelles (troubles de l’érection) et urinaires.

La radiothérapie externe est recommandée pour les patients plus âgés ou présentant d’autres problèmes de santé.

Nouveaux techniques

Récemment de nouvelles techniques ont été développées dans le but de minimiser les effets secondaires et les complications des deux traitements de référence. Parmi ces dernières, on note :

  • La curiethérapie ou brachythérapie : Ce traitement, proposé dans quelques centres, consiste à implanter dans la prostate des grains radioactifs qui vont détruire les cellules cancéreuses. La brachythérapie a fait la preuve de son efficacité aux Etats-Unis ;
  • La chirurgie par voie coelioscopique ou laparoscopique éventuellement robot-assistée,  (transpéritonéale ou extrapéritonéale) est une technique actuellement employée et acceptée par les dernières recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) et de l’Institut national du cancer (Inca) ;
  • Le traitement par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) s’est beaucoup développé depuis le début des années 2000. Elle représente actuellement une alternative à la radiothérapie externe, avec des indications précises (voir notre article Un nouveau traitement du cancer de la prostate).
  • La cryothérapie ou cryochirurgie s’est également développée et représente actuellement une alternative en traitement curatif pour les tumeurs à risque faible voire intermédiaire. Moins agressive que la prostatectomie, elle se fait sous anesthésie générale et écho guidage.

Written by MANHOUCH

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